Ecole Supérieure des Postes d’Abidjan/ Touré Michel,Directeur général: " Nous avons initié de nouvelles filières de formation qu’on appelle des formations universitaires postales"

Bon à savoir, 09.02.2018 12:01, vu 203 fois
Toure Michel, Directeur général de l`EMSP nous présente les nouveaux défis de l`école dans cette interview
Toure Michel, Directeur général de l`EMSP nous présente les nouveaux défis de l`école dans cette interview

L’Ecole Supérieure des Postes d’Abidjan (EMSP) est une institutionnelle sous-régionale créée en 1970 et regroupant les étudiants des pays : Sénégal, Mauritanie, Mali, Togo, Niger, Burkina Faso et Côte d’Ivoire. C’est la seule école internationale en Afrique Subsahérienne spécialisée aux métiers de la poste. Toure Michel, Directeur général de l’EMSP nous présente les nouveaux défis de l’école dans cette interview


Abidjan.net : Présentez nous l’école professionnelle


Touré Michel: Merci pour l’opportunité que vous nous offrez. L’Ecole Multinationale Supérieure des Postes d’Abidjan existe depuis 1970 comme vous l’avez dit. C’est une institution intergouvernementale de formation créée par huit Etat membres de l’Afrique francophone que sont le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Niger, la Mauritanie, le Togo et le Sénégal. Donc depuis bientôt cinquante ans l’école forme des cadres moyens et des cadres supérieurs de ce qu’on appelait les administrations postales qui sont aujourd’hui devenues des opérateurs postaux. Donc la plupart des directeurs, des directeurs généraux de ces structures ont tous été formés dans cette école-la. Donc voilà ce qu’on peut dire brièvement, Nous avons deux cycles de de formation. Le cycle de formation des inspecteurs qui correspond à un BAC+ 4 et le cycle de formation des administrateurs qui correspond à un niveau BAC + 5. Donc depuis sa création l’école a formé près de 2000 cadres au service des postes du continent. Elle a formé au dela des Etats membres parce qu’il ya huit Etats membres mais elle a formé pour 22 pays africains au total, y compris des pays d’Afrique lusophone qui sont donc passés ici en formation.


A.N: L’école existe depuis 1970, vous êtes à sa tête depuis un an. Quelle sont les projets majeurs menés?


T:M: Alors, bientôt un an on va dire parce que j’ai été nommé le 31 janvier 2017. Dès notre prise de fonction, nous avons donc fait un état des lieux. Et nous avons aussi approché la plupart des opérateurs à travers un séminaire qui eut lieu à Grand-Bassam au mois de mars dernier pour échanger avec eux sur leurs visions, leurs préoccupations, leurs besoins surtout en matière de formation dans le secteur postal. Nous avons aussi reçu à deux reprises la visite de l’union postale universelle ici même dans cette école. La toute première fois, le DG en personne de l’UPU était ici avec son vice DG au mois de mars et puis en décembre le vice DG est revenu nous voir pour essayer donc de relancer la coopération avec cette institution. Alors pour ce que nous avons fait de notable en 2017, c’est que nous avons initié un séminaire pour la réforme des programmes. Parce que dès notre prise de fonction nous avons compris qu’il fallait que les programmes de formation de l’école soient adaptés aux besoins du secteur. Mais bien avant aussi, avant que nous soyons nommé, le ministre que je voudrais remercier ici encore une fois, le ministre de la communication, de l’économie numérique et de la poste, porte parole du gouvernement, qui est le PCA de l’école, nous avait donc instruits pour que nous puissions élargir notre offre de formation, diversifier l’offre de formation et faire en sorte qu’au delà des opérateurs traditionnels classiques de la poste, on puisse regarder au delà et essayer de monter des offres de formations qui puissent donc satisfaire un certain nombre de besoins. C’est ce que nous avons essayé de faire et nous avons aussi mis en application une des résolutions du conseil d’administration de 2015 qui demandait justement que les programmes de formation soient revus. Alors donc ce séminaire a eu lieu du 23 au 27 octobre 2017 et nous avons fait venir ici même des professionnels de la poste, mais aussi et surtout des professionnels de l’enseignement supérieur, des universitaires, des personnes de domaines un peu variés pour essayer donc de réfléchir ensemble pendant quatre jours sur ce qu’on pourrait faire pour améliorer les programmes de formation. Alors les principaux résultats c’est que les programmes classiques que nous avions ont été revus. Et on a essayé de les adapter. Ensuite l’innovation c’est qu’on a créé de nouvelles filières de formation qu’on appelle des formations universitaires postales. Ce sont des formations qui vont s’adresser à des jeunes gens qui sont à l’université, qui vont passer un concours et qui vont venir se former soit en un an pour une Licence professionnel, soit deux ans pour un Master. Il faut dire que par le passé c’est que ne rentraient ici que ceux qui venaient sous le couvert des Etats ou des opérateurs.L’innovation ici c’est que nous avons des jeunes qui sont à l’université peuvent, une fois le concours est lancé, se présenter d’eux mêmes sans être sous le couvert d’un Etat ou d’un opérateur. Et une fois formés, ils iront sur le marché du travail dans une perspective de rajeunissement des effectifs. Il y’a à cet effet des filières de spécialisation que nous avons créées tout cela a été fait dans le système LMD. Il nous a été demandé également de mettre en place des formations de moyennes durées parce que nos formations classiques durent dix mois. A côté de cela il nous a été demandé de mettre en place des formations de relatives courtes durées qui vont durer un à trois mois et au bout les participants se verront délivrer des certificats dans les domaines comme l’innovation, l’inclusion, et l’intégration au niveau de la poste. Nous avions, bien entendu, des formations de courtes durées de un à deux jours voire deux semaines donc le catalogue de ces formations a été repris. Et il nous a été demandé, au niveau de la conférence des postes des Etats de l’Afrique de l’ouest de nous ouvrir vers les pays anglophones et nous avons formé un groupe de travail qui nous a fait des propositions pour avoir des formations destinées à des ressortissants de pays anglophones. c’est vrai que l’école a été créée par des francophones pour des francophones même si elle a formé pour les lusophones. Soyons bien précis, il s’agira pas de faire des cours en anglais pour des anglophones, mais de continuer à faire des formations en français en faisant des renforcements pour qu’ils puissent suivre avec les autres, de réfléchir à des formations postales à distance à travers le e-learning, c’est un chantier que nous allons ouvrir. C’est un peu les temps forts de ce que nous avons fait l’année dernière. Juste pour finir, avec le comité, on a mis, en fin d’année en décembre également, en place un comité de réforme de réfléchir sur la mise en place de la nouvelle école avec de nouveaux objectifs, de nouvelles missions, de nouveaux moyens. Ce comité s’est réuni du 18 au 22 décembre derniers pendant cinq jours et on a fait participer des responsables des écoles inter africaines comme la notre qui sont venues partager leurs expériences avec nous et au bout de ces cinq jours de réflexions nous avons mis en place toute une stratégie pour pouvoir permettre à l’écoles de jouer pleinement son rôle dans le développement et la transformation des opérateurs en Afrique.


A.N: La Modernisation de la poste, digitalisation est d’actualité. Nous sommes en 2018 quelles sont les perspectives envisagées pour que l’école s’adapte aux réalités?


T. M: Je pense que depuis longtemps notre école a compris que les TIC sont un vecteur pour impulser le changement, la productivité au niveau des opérateurs, et être capable de fournir des offres innovantes pour répondre aux besoins des populations. Depuis les années 90 les programmes ont commencé à être irrigués par l’informatique. Dans les programmes actuels nous avons des cours d’informatiques. Que ce soit de la bureautiques, ou d’utilisation de technologies postales pour que nos élèves puissent être au fait de certaines évolutions mais être capable d’évoluer dans un environnement où les TIC sont présentes, de les utiliser pour améliorer leur performance et permettre à leur entreprise respective de progresser.


A.N: Les grands défis de votre école


T.M: Les défis sont nombreux pour l’année 2018. Ce que nous allons faire, c’est de continuer ce qui se faisait et ce qui se fait de bien. On va, dès août déjà, lancer à nouveau un test pour accueillir des élèves venant de toute l’Afrique. Cette année l’innovation qu’on veut apporter c’est d’ajouter un cycle parce qu’on a deux cycles de formations classiques. On va ajouter un troisième qui va être le cycle des contrôleurs, c’est le niveau d’encadrement minimal avec des diplômes de type BAC+ 2 ou BAC +3 parce que là, il ya un bon vivier au niveau des différentes structures. Que ce soit les opérateurs par exemple. On va essayer d’entreprendre une tournée. Nous sommes prêts à la faire pour rencontrer les Etats membres. Et c’est très important, déjà se présenter, leur dire que nous sommes là, et surtout pour prendre en compte leurs besoins, leurs préoccupations, leurs visions et essayer de les traduire dans les actes. Bien entendu, j’ai parlé du séminaire du mois de décembre. Les résolutions de ce séminaire, il faut qu’on les applique, qu’on les mette en oeuvre y compris les résolutions du mois d’octobre sur la réforme des programmes que nous avons déjà commencée. Nous avons également ouvert, en partenariat avec telecom ParisTech, un Master spécialisé qu’ils appellent Master du numérique. Mais nous on va être acteur sur la partie régulation postale et des services financiers électroniques. Donc on a pu être élu pour participer à l’organisation de ce programme en partenariat également avec l’ARTCI qui est l’autorité de régulation basée en Côte d’Ivoire. Nous comptons également organiser cette année des conférences et séminaires thématiques sous l’égide de l’Union Postale Universelle. Donc on a identifié trois ou quatre thèmes et il reste à préciser les périodes auxquelles ces conférences-là auront lieu. L’année dernière aussi, ce qui est une grande première pour notre école qui n’était pas encore présente sur le web, on a ouvert notre site le 18 août dernier. Cette année on compte continuer à être davantage visible, et je pense cette interview en fait partie, être visible sur le net, sur les réseaux sociaux pour pouvoir communiquer davantage. Ce qui est un point fort et le ministre vraiment nous encouragent beaucoup à aller dans ce sens. Le temps fort pour nous, cette année, va être la tenue du prochain conseil d’administration sur lequel nous sommes entrain de travailler pour essayer donc de remettre l’école sur de nouvelles pistes. On va repasser et passer en revue l’accord de siège puisque la Côte d’Ivoire abrite le siège de l’école. On va passer en revue l’accord intergouvernemental qui est de 1970. On va passer en revue tout un ensemble de textes, d’éléments qui régissent le fonctionnement et l’organisation de l’école, et faire de nouvelles propositions pour que l’école soit vraiment dotée de tous les outils possibles, et surtout discuter en profondeur du problème de son financement. Parce que c’est aussi un des points sensibles, on souhaite que les Etats membres s’impliquent davantage pour assurer le financement de l’école. Puis adopter son plan stratégique. On propose un nouveau visuel, une nouvelle identité visuelle sur laquelle les Etats, les ministres auront à se prononcer. c’est un ensemble de chantiers qu’on espère tenir le premier trimestre de cette année pour que l’école soit mise sur les rampes de lancement. Alors le dernier point c’est bien entendu la réhabilitation, l’équipement de l’école. C’est vrai que les installations datent de quelques temps et je pense que les ministres auront certainement l’occasion de le constater et peut être de nous donner les coups de pouce nécessaires pour que nous puissions permettre à cette école de faire peau neuve, d’être équipée et pouvoir répondre pleinement à ses objectifs-là.


A.N: Comment préparez vous l’Organisation en 2020 du congrès mondial de l’Union Postale Universelle par la Côte d’Ivoire?


T.M: Il faut dire que le congrès est pour nous une opportunité, en tant qu’école, en tant qu’institution œuvrant dans le domaine de la formation. C’est un congrès d’envergure mais aussi historique parce que depuis les années 30, le congrès n’avait pas eu lieu en Afrique. Et il revient pour la deuxième fois en Afrique après l’Egypte. Et c’est un honneur qui est fait à la Côte d’Ivoire. Je voudrais encore saluer tout l’engagement que le ministre, président du conseil d’administration, a placé avec le vice président qui, il ya deux ans était le premier ministre, qui ont vraiment oeuvré. Et le président de la république, bien entendu, qui a aussi donné toutes les onctions nécessaires pour que ce congrès puisse se tenir en Côte d’Ivoire. Nous, en tant qu’école, on va jouer pleinement notre rôle, nous allons intégrer le comité d’organisation, nous allons assurer toute la composante formation du congrès. Que ce soit les formations dans le domaine postale si c’est nécessaire, mais aussi les formations connexes, tout ce qui va tourner autour du congrès. Nous sommes prêts à accueillir des session de formation. Nous sommes prêts à jouer pleinement notre rôle pour que ce congrès soit une grande réussite pour la Côte d’Ivoire. L’IMSC, avec ses Etats membres, son personnel, ses élèves et étudiants nous allons nous activer à faire en sorte que ce congrès soit une grande réussite pour la Côte d’Ivoire et pour toute l’Afrique.


A.N: Mot de fin


T.M: Nous plaçons beaucoup d’espoir en l’évolution de cette école. Pour nous, 2018 va être une année importante, une année charnière pour que l’école puisse amorcer son nouveau décollage. Donc on invite tous les États à vraiment s’impliquer davantage dans l’avenir de cette école-là. Mais aussi on va ouvrir de nouveaux chantiers notamment vers des jeunes gens qui veulent épouser le métier de la poste. On va leur donner l’envie d’aller vers ces métiers parce que c’est tout un ensemble de métiers. Nous, on va se préparer à mettre en place les formations nécessaires, créer en tout cas toutes les conditions possibles pour que ceux qui viendront à l’école puissent vraiment acquérir les connaissances les plus nécessaires ou les plus demandées pour que, sur le terrain, ils puissent répondre efficacement aux missions et objectifs qui vont leur être confiés.

DA et MK

Source : Abidjan.net

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